Accéder au contenu principal

Robert Belleret - Dictionnaire Ferré



Le 14 juillet 1993 s’éteignait Léo Ferré. C’est du moins la version officielle discutable selon certains biographes. Toujours est-il qu’il est difficile de ne pas voir dans cette date un symbole, comme un ultime pied de nez  de cette graine d’ananar.

Vingt ans déjà que le poète qui en appelait aux chiennes, a quitté ce monde. Lui qui s’était exilé, dans les dernières années de sa vie en Toscane afin de fuir plus sûrement les tourments de 68 relatifs aux événements de Perdrigal.

Cet anniversaire est évidemment une excellente occasion pour redécouvrir son œuvre mais également sa vie. Pour cela, nombre de publications sont à paraître sur cette année 2013, à commencer par « Comment voulez-vous que j’oublie : Madeleine et Léo Ferré 1950-1973 », témoignage acerbe voire dérangeant de l’ancienne belle-fille de Léo Ferré, Annie Butor, fille de Madeleine Rabereau, deuxième femme de Ferré. On peut également nommer la biographie de Louis-Jean Calvet initialement parue en 2003 et qui s’offre un format et un prix réduit chez Archipoche.
 
 

Cependant, dès que l’on traite de Léo Ferré, impossible de ne pas évoquer Robert Belleret, auteur d’une somptueuse biographie « Léo Ferré, une vie d’artiste » chez Actes Sud. Ce spécialiste incontournable vient de sortir chez Fayard un « Dictionnaire Ferré » plus qu’alléchant.

L’univers du chanteur de Saint-Germain-des-prés et des années Toscane y est évoqué par le biais de différentes thématiques. Tout ou presque y est passé en revue. Son relationnel avec Barclay, Pépée, Madeleine, puis dans des registres moindres ses rapports avec les autres acteurs principaux de la chanson française. Baudelaire, Aragon et Prévert sont également de la partie.

 Ce livre qui recycle en partie « Léo Ferré, une vie d’artiste », est complété par de nombreuses illustrations. Il est peu habituel de voir Ferré portant la barbe et on se plaît à le voir faire le guignol au piano ou poser Boulevard Pershing. En somme, cet ouvrage propose une façon assez ludique d’aborder ce monstre sacré de la chanson française.
 
 
Dictionnaire Ferré, Robert Belleret. Fayard, 301 pages, 22,90 euros.


 

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

La Grande Odalisque - Vivès, Ruppert et Mulot

« Tu fais quoi dans la vie, Alexandra ? -Moi ? Pas grand-chose. Des bêtises. -« Des bêtises ? » Mais c’est génial comme métier. C’est exactement le plan de reconversion professionnelle qu’il me faudrait… Tu embauches ? » Alors qu’il continue de briller chez Shampooing en publiant ses notes de blog sous des thématiques bien précises (« Le jeu vidéo », « L’amour »…), Bastien Vives se joint à Ruppert & Mulot afin de s’offrir un trip à la Cat’s Eyes.
Pour tous les trentenaires qui ont fait leurs dents sur les dessins-animés du Club Dorothée, « Cat’s Eyes » (créé par Tsukasa Hojo, auteur également de « City hunter ») renvoie aux premiers émois libidinaux ressentis par le prisme d’un poste de télévision. A l’instar de Wonder Woman (campée par la délicieuse Lynda Carter) ces filles aux collants moulant jouant les cambrioleuses de charme ont émerveillé plus d’un bambin, à commencer par moi. Quand on a dix piges, impossible de ne pas avoir les yeux exorbités face à ces corps aux courbes lasci…

Les derniers jours de Stefan Zweig - Sorel, Seksik

En étant un peu sarcastique, on pourrait considérer que le principal défaut de Stefan Zweig a été d’embrasser la cause humaniste à une époque où l’humain était remis en question compte-tenu des barbaries perpétrées. Pour cet homme qui fut, rappelons-le, un des plus grands écrivains de la première moitié du XXe siècle - orientant son œuvre sur la psychologie de ses personnages – il fallait fuir, au regard de ce qu’il se passait dans le pays qui l’a vu naître. Mais avec elle, c’est bien l’ensemble de l’Europe qui est en train de brûler tant au sens propre qu’au sens figuré.
L’exil fut, pour cet homme le dernier recours pour ne pas sombrer. L’Amérique est alors une destination de choix pour délaisser un continent fangeux avec ses idées dans la boue . Après avoir goûté au crachin londonien et quitté New York à contre cœur, c’est au Brésil qu’il trouve un simulacre de havre de paix, un monde chaleureux. En apparence, du moins, car Zweig ne néglige pas les horreurs qui se trament de l’autre…

Éloge de la masturbation - Philippe Brenot

Ah, la masturbation, sujet tabou, et pourtant pratique au combien répandue... Paru il y a maintenant une dizaine d'années, cet Eloge de la masturbation tend à réhabiliter voire même vanter cet acte devenu somme toute assez commun en ce début de XXIe siècle mais dont l'approche a considérablement évolué au fil du temps.


La sexualité ayant été tabou des siècles durant, on ne s'étonnera pas du fait que l'autoérotisme et sa manipulation la plus fétiche eurent droit à des réprimandes bien corsées. Terme vraisemblablement apparu pour la première fois sous la plume de Montaigne, la masturbation va devoir son caractère impie à la découverte par Leeuwenhoek en 1677 de spermatozoïde dans le liquide seminal masculin. De fait, l'intégralité des médecins du XVIIIe siècle visera à condamner cette pratique, Brenot évoque ainsi une croisade "légitimée par une très grande peur, celle de la fin du monde, et le fantasme de la destruction de l'humanité, lorsque l&#…