Accéder au contenu principal

"Trouble is my business" - Jirô Taniguchi


 
 

Suite à la publication l’année dernière de « Enemigo » chez Casterman, c’est au tour de Kana de publier une des œuvres de jeunesse de Jirô Taniguchi.

Entamée au début des années 80, « Trouble is my business » est un manga (en six tomes) sur lequel Taniguchi a uniquement assuré le dessin, le scénario étant assuré par Natsuo Sekikawa (avec lequel il a également travaillé sur « Au temps de Botchan », dans un registre bien différent). La parution de ce premier tome peu de temps après « Enemigo » semble opportune tant les deux  œuvres ont des points en commun (bande-dessinées d’action, enquêtes musclée à l’américaine…).

Avec « Trouble is my business », on suit les pérégrinations de Fukamachi “Shark” Jôtarô, détective privé de la lose aux méthodes peu orthodoxes. Casquette gavroche vissée sur la tête et clope au bec, il se voit confié diverses enquêtes dans lesquelles on le voit s’illustrer avec plus ou moins de brio. Ces dernières, rarement intéressantes ou crédibles, sont prétextes à mettre en exergue ce personnage décalé qui jongle entre sketchs scatophiles et énigmes tordues.
 
 

Difficile, à la lecture de ce manga de ne pas songer à City Hunter (Nicky Larson, en France) et à son protagoniste, Ryo, créés par Tsukasa Hôjô. On est cependant plus attaché par le côté décalé pervers de Ryo que par les grimaces et les flatulences intempestives de Shark.

Si les histoires ne sont pas vraiment à la hauteur, le dessin de Taniguchi, lui, est assez différent de ce qu’il a été habitué à proposer par la suite. La tonalité globale est dynamique et les scènes s’enchaînent rapidement, comme l’exige le format et le genre. Cependant, lorsqu’il s’agit de s’attarder sur une arme ou un décor, on prend plaisir à reconnaître une minutie dont il s’est toujours porté garant.

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Les derniers jours de Stefan Zweig - Sorel, Seksik

En étant un peu sarcastique, on pourrait considérer que le principal défaut de Stefan Zweig a été d’embrasser la cause humaniste à une époque où l’humain était remis en question compte-tenu des barbaries perpétrées. Pour cet homme qui fut, rappelons-le, un des plus grands écrivains de la première moitié du XXe siècle - orientant son œuvre sur la psychologie de ses personnages – il fallait fuir, au regard de ce qu’il se passait dans le pays qui l’a vu naître. Mais avec elle, c’est bien l’ensemble de l’Europe qui est en train de brûler tant au sens propre qu’au sens figuré.
L’exil fut, pour cet homme le dernier recours pour ne pas sombrer. L’Amérique est alors une destination de choix pour délaisser un continent fangeux avec ses idées dans la boue . Après avoir goûté au crachin londonien et quitté New York à contre cœur, c’est au Brésil qu’il trouve un simulacre de havre de paix, un monde chaleureux. En apparence, du moins, car Zweig ne néglige pas les horreurs qui se trament de l’autre…

Éloge de la masturbation - Philippe Brenot

Ah, la masturbation, sujet tabou, et pourtant pratique au combien répandue... Paru il y a maintenant une dizaine d'années, cet Eloge de la masturbation tend à réhabiliter voire même vanter cet acte devenu somme toute assez commun en ce début de XXIe siècle mais dont l'approche a considérablement évolué au fil du temps.


La sexualité ayant été tabou des siècles durant, on ne s'étonnera pas du fait que l'autoérotisme et sa manipulation la plus fétiche eurent droit à des réprimandes bien corsées. Terme vraisemblablement apparu pour la première fois sous la plume de Montaigne, la masturbation va devoir son caractère impie à la découverte par Leeuwenhoek en 1677 de spermatozoïde dans le liquide seminal masculin. De fait, l'intégralité des médecins du XVIIIe siècle visera à condamner cette pratique, Brenot évoque ainsi une croisade "légitimée par une très grande peur, celle de la fin du monde, et le fantasme de la destruction de l'humanité, lorsque l&#…

Angot par Libération, le glauque et l'inceste comme littérature branchouille

On le sait, la presse écrite va mal. Et quand elle n’écrit pas mal ou vite, il n’est pas rare de se trouver en présence de Unes quelquefois racoleuses afin d’attirer le chaland. Pour son numéro du 4 septembre 2012, Libération n’a pas manqué d’audace en considérant, en première page, le dernier livre de Christine Angot « Une semaine de vacances » comme étant rien de moins que « Le chef-d’œuvre de la rentrée ». Faisant fi des romans ayant le vent en poupe lors de cette rentrée littéraire (Deville, Adam, etc.) ou des auteurs plus discrets (Louise Erdrich, Richard Powers, Jim Harrison) ce quotidien décide de frapper un bon coup dans la fourmilière et consacre pas moins de quatre pages à l’auteure afin de légitimer les éloges concernant son dernier ouvrage. Seulement, la fourmilière a déjà maintes fois été maltraitée et lui rejouer sempiternellement le coup du livre qui choque ne fait plus vraiment son effet.
Car les termes ‘Angot’ et ‘polémique’ sont tellement liés l’un à l’autre que les é…