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Il est de retour - Timur Vermes

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Martin de La Brochette

Martin de la Brochette est issu d’une petite famille versaillaise, huppée, bien sous tous rapports, bref, blindée de maille. Il s’amuse de ses origines bourgeoises d’autant plus qu’il est le vilain petit canard de ce tableau parfait. Si ses frères et sœurs, furent de brillants étudiants, lui a sérieusement ramé pour obtenir ses diplômes. Là où ils font sérieux et propres sur eux, lui ne représente que le petit gros un peu en retard. Ainsi n’usurpe-t-il pas son surnom de « Boulette ».
« Mes deux frères et ma sœur, beaux et brillants dans leurs études, n’arrangent pas ma situation. Ils sont légitimes dans leurs statuts de bâtons de relais intergénérationnels, dont les parents rêvent tous. Ils sont les fruits d’une passion lointaine, je suis le gros pépin. Ils sont la fierté de la famille, j’en suis la honte.
Ils sont les bien-aimés, je suis le mal-aimé. »
Ce serait à chialer si le protagoniste lui-même ne s’amusait pas de cette situation. Ce qu’il est ne lui déplait pas et c’est avec …

Robert Belleret - Dictionnaire Ferré

Le 14 juillet 1993 s’éteignait Léo Ferré. C’est du moins la version officielle discutable selon certains biographes. Toujours est-il qu’il est difficile de ne pas voir dans cette date un symbole, comme un ultime pied de nezde cette graine d’ananar.
Vingt ans déjà que le poète qui en appelait aux chiennes, a quitté ce monde. Lui qui s’était exilé, dans les dernières années de sa vie en Toscane afin de fuir plus sûrement les tourments de 68 relatifs auxévénements de Perdrigal.
Cet anniversaire est évidemment une excellente occasion pour redécouvrir son œuvre mais également sa vie. Pour cela, nombre de publications sont à paraître sur cette année 2013, à commencer par « Comment voulez-vous que j’oublie : Madeleine et Léo Ferré 1950-1973 », témoignage acerbe voire dérangeant de l’ancienne belle-fille de Léo Ferré, Annie Butor, fille de Madeleine Rabereau, deuxième femme de Ferré. On peut également nommer la biographie de Louis-Jean Calvet initialement parue en 2003 et qui s’offre un format …

La Grande Odalisque - Vivès, Ruppert et Mulot

« Tu fais quoi dans la vie, Alexandra ? -Moi ? Pas grand-chose. Des bêtises. -« Des bêtises ? » Mais c’est génial comme métier. C’est exactement le plan de reconversion professionnelle qu’il me faudrait… Tu embauches ? » Alors qu’il continue de briller chez Shampooing en publiant ses notes de blog sous des thématiques bien précises (« Le jeu vidéo », « L’amour »…), Bastien Vives se joint à Ruppert & Mulot afin de s’offrir un trip à la Cat’s Eyes.
Pour tous les trentenaires qui ont fait leurs dents sur les dessins-animés du Club Dorothée, « Cat’s Eyes » (créé par Tsukasa Hojo, auteur également de « City hunter ») renvoie aux premiers émois libidinaux ressentis par le prisme d’un poste de télévision. A l’instar de Wonder Woman (campée par la délicieuse Lynda Carter) ces filles aux collants moulant jouant les cambrioleuses de charme ont émerveillé plus d’un bambin, à commencer par moi. Quand on a dix piges, impossible de ne pas avoir les yeux exorbités face à ces corps aux courbes lasci…

"Trouble is my business" - Jirô Taniguchi

Suite à la publication l’année dernière de « Enemigo » chez Casterman, c’est au tour de Kana de publier une des œuvres de jeunesse de Jirô Taniguchi.
Entamée au début des années 80, « Trouble is my business » est un manga (en six tomes) sur lequel Taniguchi a uniquement assuré le dessin, le scénario étant assuré par Natsuo Sekikawa (avec lequel il a également travaillé sur « Au temps de Botchan », dans un registre bien différent). La parution de ce premier tome peu de temps après « Enemigo » semble opportune tant les deuxœuvres ont des points en commun (bande-dessinées d’action, enquêtes musclée à l’américaine…).
Avec « Trouble is my business », on suit les pérégrinations de Fukamachi “Shark” Jôtarô, détective privé de la lose aux méthodes peu orthodoxes. Casquette gavroche vissée sur la tête et clope au bec, il se voit confié diverses enquêtes dans lesquelles on le voit s’illustrer avec plus ou moins de brio. Ces dernières, rarement intéressantes ou crédibles, sont prétextes à mettre e…

Les derniers jours de Stefan Zweig - Sorel, Seksik

En étant un peu sarcastique, on pourrait considérer que le principal défaut de Stefan Zweig a été d’embrasser la cause humaniste à une époque où l’humain était remis en question compte-tenu des barbaries perpétrées. Pour cet homme qui fut, rappelons-le, un des plus grands écrivains de la première moitié du XXe siècle - orientant son œuvre sur la psychologie de ses personnages – il fallait fuir, au regard de ce qu’il se passait dans le pays qui l’a vu naître. Mais avec elle, c’est bien l’ensemble de l’Europe qui est en train de brûler tant au sens propre qu’au sens figuré.
L’exil fut, pour cet homme le dernier recours pour ne pas sombrer. L’Amérique est alors une destination de choix pour délaisser un continent fangeux avec ses idées dans la boue . Après avoir goûté au crachin londonien et quitté New York à contre cœur, c’est au Brésil qu’il trouve un simulacre de havre de paix, un monde chaleureux. En apparence, du moins, car Zweig ne néglige pas les horreurs qui se trament de l’autre…

L'art du jeu - Chad Harbach

A peine son premier roman paru, Chad Harbach a fait l’objet de dithyrambes outre-Atlantique, à commencer par Jonathan Franzen et John Irving qui ont déjà adoubé cet homme qui s’était préalablement fait connaître en dirigeant la revu américaine « n+1 ». A peine publié en France, « L’art du jeu » a également fait l’objet de nombreuses critiques élogieuses. Et cela se comprend.
Tout commence avec Henry Skrimshander, jeune homme d’origine modeste, qui n’aurait jamais cru pourvoir fréquenter un établissement coté par le seul talent de ses performances au base-ball. Seulement, sa rencontre avec Mike Schwartz, étudiant ayant décelé chez Henry des facultés sportives peu communes, change la donne. Ainsi Henry intègre le Westish College, une petite université dans laquelle les destins se nouent et se percutent. Sans se désintéresser de ses deux protagonistes de départ, Harbach dresse d’autres portraits dont on appréhende les failles et les traits de caractère. Coéquipier d’Henry et Mike, Owen fa…